Comment augmenter ses revenus grâce à la dette

Résumé du livre "The Value of Debt in Building Wealth" de Thomas J. Anderson

Pour de nombreux adultes, le mot “dette” revêt systématiquement un caractère péjoratif. Avoir des dettes est alors la pire chose qui soit, une honte même. Pourtant, selon Thomas J. Anderson, la dette peut permettre à qui sait s’en servir d’augmenter considérablement ses revenus. Dans son livre, The Value of Debt in Building Wealth, L'auteur nous invite à repenser ce mot de quatre lettres - D.E.T.T.E - trop souvent présenté sous de mauvais aspects.

Grâce à des exemples pertinents et des explications simples, on découvre dans ce livre des clés importantes pour mieux gérer ses finances personnelles et augmenter ses revenus grâce au levier de la dette.

Dans ce résumé, vous apprendrez :

  • Que les dettes peuvent avoir de la valeur, quand elles sont mises sous contrôle ;

  • Pourquoi et comment éviter les mauvaises dettes ;

  • Pourquoi avoir trop de liquidités peut ralentir votre croissance financière ;

Chapitre 1 - Une dette peut avoir de la valeur, quand elle est sous contrôle

Imaginez deux familles : la famille Nadas et la famille Radicals. Elles se ressemblent en de nombreux points : mêmes revenus, investissent toutes les deux dans le même fond commun de placement et possèdent même des maisons identiques construites l’une à côté de l’autre. Ces deux familles se ressemblent en tout point de vue, excepté une seule chose : leur vision de la dette. 

Les Nadas ont une approche très traditionnelle de la dette. Leur maison achetée à crédit, ils l’ont remboursée le plus rapidement possible, car avoir un crédit pour eux est synonyme de fardeau. La famille Radicals a quant à elle fait un tout autre choix. Ayant une vision différente de la dette, et au lieu d’essayer de l’éliminer, ils se sont juste contentés de payer les intérêts de leur crédit immobilier, afin d’investir la différence. Une fois à la retraite, qui de ces deux familles aura le plus d’argent à sa disposition d’après vous ? Et bien contre toute attente, c’est la famille Radicals qui remportera le plus gros du pactole. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, être endetté n’est pas nécessairement une mauvaise chose. Ce qui compte est de savoir quoi faire de nos dettes, comment les gérer et les garder sous contrôle. Le feu n’est dangereux que si on en perd le contrôle, mais bien géré il peut vous cuire un steak des plus succulents. Une dette peut avoir de la valeur si elle est mise sous contrôle.

Et cela, les grandes entreprises l’ont très bien compris. Elles sont toutes endettées, et fond des stocks de cash non pas pour rembourser leurs crédits le plus vite possible, mais pour investir ou pour se prémunir contre les périodes de vaches maigres.

Supposons que vous ayez contracté un crédit immobilier à un taux hors assurance de 2% sur 25 ans. Au lieu de négocier de très grosses mensualités pour le rembourser au plus vite, vous devriez selon l’auteur payer des mensualités de remboursement relativement modeste. Vous pourrez ainsi investir une plus grosse part de vos revenus dans des actifs qui vous rapporteraient 6% de bénéfices ou plus par an. Le S&P 500,  indice boursier basé sur 500 grandes sociétés cotées sur les bourses américaines, a connu depuis sa fondation dans les années 50, un rendement annuel moyen, dividendes réinvestis, de l'ordre de 10%. Il est donc possible sur une période de temps relativement longue de faire de beaux investissements. Grâce au pouvoir des intérêts composés, au bout de 25 ans  vous aurez non seulement remboursé votre crédit, mais en plus votre fortune aura augmenté de façon considérable.

Chapitre 2 - Il faut éviter les mauvaises dettes

Toutes les dettes ne se valent pas et vous devez donc éviter celles qui pourraient vous faire couler. Imaginez-vous comme le capitaine de votre propre navire voguant dans un vaste océan financier à destination d’une somptueuse île appelée liberté financière. Plusieurs chemins sont possibles, mais tous ne vous mèneront pas nécessairement à bon port. D’autres encore vous y emmèneront mais après avoir essuyé de nombreux échecs. Il vous faudra donc les choisir avec parcimonie. C’est la même chose avec les dettes : il y en a de très bonnes et de très mauvaises. Alors comment les choisir ? Comment éviter celles qui feront à coup sûr couler votre navire ?

L’auteur distingue les dettes qui vous enrichissent, de celles qui peuvent littéralement vous asphyxier. Les avances sur salaire ou les crédits à la consommation avec leurs taux d’intérêts mirobolants, sont des exemples de dettes que vous devez absolument éviter. Pas question donc de vous offrir le dernier iPhone à la mode à crédit ou de multiplier les achats de véhicules, alors qu’un seul suffirait, voire deux maximum. Préférez à la place les dettes  à forte valeur ajoutée et qui peuvent vous enrichir. 

Une maison achetée à crédit par exemple peut par la suite être mise en location. C’est dans ce cas là le locataire qui paiera indirectement les remboursements du crédit contracté. De votre côté vous n’aurez plus qu’à investir le cash flow généré s’il y en a, dans un autre bien ou un autre type d’investissement. De plus, certains investissements immobiliers, comme la location meublée, sont déductibles des impôts. Donc non seulement vous ne paierez pas vous-même votre crédit immobilier, mais en plus vous devrez vous acquitter de moins d’impôts.

Prendre un crédit pour l’investir dans une entreprise à laquelle vous croyez peut aussi être une bonne stratégie pour l’avenir. Si la société prend de la valeur, ce qui est généralement le cas, vous pourrez toucher un assez gros pactole.

L’idée ici est de comprendre qu’avoir une dette n’est pas une mauvaise chose en soi, à partir du moment où les actifs (tout ce qui vous fait gagner de l’argent) que vous possédez finissent dans le temps par les dépasser. Plus vous aurez d’actifs, et plus vos dettes, si vous en avez, seront solvables et donc sous contrôle. Pour l’auteur, la liberté financière s’atteint en effet par accumulation d’actifs, car à ce moment-là le ratio passifs(dettes)/actifs penche du bon côté de la balance.

Chapitre 3 - Ne stockez pas trop de liquidités et faites de bons investissements

À cause de l’inflation (perte du pouvoir d’achat de la monnaie qui se traduit par une augmentation générale des prix), votre argent non investi perd tous les ans de la valeur. 50 000 € bloqués dans des comptes d’épargne à faible taux peuvent en quelques années valoir beaucoup moins : si une baguette coûte 1 euro aujourd’hui et que dans 3 ans elle en vaut 1,5€, chaque euro non utilisé après inflation des prix s’est vu retirer 0,5€ chacun. En fait si vous aviez, en France, l’équivalent de 4000€ en 2001, cette somme vaudrait en 2021 environ 3000€ : c’est 1000€ de perdu en seulement 10 ans ! 

Alors que devez-vous faire de vos liquidités ? Premièrement, il vous en faut un tout petit peu quand même, sous forme d’épargne de précaution. Disons 3 à 6 fois votre revenu mensuel. Ainsi si vous gagnez 2000€ par mois, mettez en place une épargne de précaution d’environ 2000 x 6 = 12 000 €. Ainsi, en cas de gros coup dur, vous aurez toujours de quoi passer le mois. Une fois votre épargne de précaution constituée, utilisez le reste de votre argent pour des investissements. Mettez en place des virements automatiques dans des placements comme une assurance-vie investie par exemple dans des fonds indiciels (ETF). La plupart d’entre eux fournissent des taux de rendement relativement bons comparé à ceux de livrets réglementés comme le livret A avec ses 0,5% annuel.

Prenons l’exemple d’une assurance-vie comportant des fonds indiciels et qui rapporterait en moyenne 10% de bénéfices par an (rendement moyen du S&P 500). Supposons que votre investissement s’étale sur 30 ans avec des mensualités de 300€, pour un montant initial de 1000 €. Au bout du trentième anniversaire, votre placement de départ d’un montant de 1000€ (+300€ par mois) vaudra environ la coquette somme de 636 302,40 €. Evidemment les situations ne sont pas les mêmes en fonction des revenus, mais il faut en général investir entre 15 à 20% de ce que l’on gagne tous les mois.

Si par peur d’investir vous décidez de stocker sous votre matelas ces 1000€ plus 300€ par mois durant 30 ans, sans tenir compte de l’inflation, vous vous retrouverez  avec  1000 + 300 x 12 x 30 = 109000€. Comparé à l’investissement à 10% de rendement, c’est plus de 527 000 € de différence!

La conclusion est donc sans appel : vous devez épargner suffisamment pour vous protéger en cas de gros coups durs ou juste pour vous faire plaisir de temps à autre, mais investissez beaucoup plus dans des actifs diversifiables comme la bourse ou l’immobilier.

Conclusion

Une idée générale veut qu’avoir des dettes est une très mauvaise chose, qu’il faut les éviter à tout prix ou les éliminer le plus rapidement possible. Pourtant, selon Thomas J. Anderson, une bonne dette peut vous rapporter gros dans le temps. 

Toutes les dettes n’étant pas équivalentes, vous devez éviter celles qui vous feront perdre de l’argent comme les crédits à la consommation. A la place préférez des dettes enrichissantes comme les crédits immobilier où vous pouvez mettre votre bien en location et gagner de l’argent. Cet argent ne le laissez pas dormir dans un compte courant ou dans des livrets réglementés où il perdrait de l’argent à cause de l’inflation. Choisissez plutôt d’en mettre un peu de côté sous forme d’épargne de précaution et investissez pour accumuler plus d’actifs que de dettes.