La force de l’intuition (Blink)

Par Malcolm Gladwell

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Tout au long de notre vie, nous faisons appelle à nos jugements inconscients au moment de prendre des décisions. Ces décisions que nous prenons en une fraction de seconde sont des phénomènes de jugements brusques. Ces jugements sont d’importants outils que nous devons utiliser au mieux, pour ne pas faire de mauvais choix et pour éviter certains problèmes.

Notre cerveau utilise deux grandes stratégies pour prendre des décisions :

La première est l’utilisation de la pensée consciente, qui est connue sous le nom de prise de décision rationnelle. Il s’agit d’utiliser les expériences passées et les informations actuelles pour prendre une décision de façon logique.

Et la deuxième qui est la pensée inconsciente et qui est connue sous le nom d’intuition et de jugement rapide. Il s’agit de prendre des décisions sans comprendre pourquoi, ni même réaliser que nous les avons prises.

Dans son livre, La force de l’intuition, Malcolm Gladwell explique comment savoir quand se fier à son intuition et quand ne pas s'y fier, afin de prendre de bonnes décisions.

Chapitre 1 - L’importance des jugements intuitifs

Le cerveau humain s’appuie donc sur deux stratégies pour prendre des décisions :

L’une d’elle consiste à enregistrer et à traiter consciemment l'information, à peser le pour et le contre et à en arriver à une conclusion rationnelle sur la meilleure façon de procéder. Mais ce type de traitement de l'information est très lent.

Une deuxième stratégie, beaucoup plus rapide, s'est donc développée. L'inconscient porte des jugements rapides basés sur des sentiments plutôt que sur une analyse approfondie. Elle permet au cerveau de décharger l'inconscient d'une partie de la tension de ses processus de pensée complexes.

La plupart du temps, nous avons tendance à ne faire confiance qu'à nos jugements conscients et nous sommes mal à l'aise avec les décisions fondées sur nos sentiments ou notre intuition. Pourtant, il s'avère que les décisions rapides sont souvent de loin supérieures à celles qui sont prises après une analyse approfondie.

Cela est dû au fait que dans de nombreuses situations, il existe des modèles et des régularités que l'inconscient reconnaît plus rapidement. Et c’est dans ces moments-là que nous devons faire confiance à nos décisions rapides.

De même, si nous essayons d’analyser chaque élément d'information, il est difficile de faire une prédiction précise car beaucoup de petits éléments d'information non pertinents cachent les quelques éléments importants et pertinents. L’inconscient fait donc la distinction entre les informations importantes et les informations sans importance, afin de nous aider à porter un jugement précis. Ainsi, nous pouvons faire de bons jugements rapidement.

Chapitre 2 - La rationalisation

Nous utilisons très fréquemment les jugements rapides dans la vie de tous les jours et nos décisions sont prises dans la partie inconsciente du cerveau.

Cependant, beaucoup de gens ont tendance à faire confiance aux faits et aux chiffres plutôt qu'aux sentiments et aux intuitions, c'est pourquoi ils trouvent des explications logiques à leurs jugements rapides après les avoir faits.

Par exemple, au football, un gardien de but peut attribuer ses nombreux arrêts de jeu à de la chance, au fait qu’il était au bon endroit, au bon moment. Alors que bien souvent c’est son “instinct de gardien” qui l’a aidé à bien se placer automatiquement et ses réactions automatiques viennent de son inconscient.

De même, notre choix de partenaire romantique idéal a très peu de liens avec les explications conscientes faites auparavant. Nous pouvons parler sans cesse des traits les plus importants que notre futur partenaire devrait avoir, mais lorsque nous rencontrons quelqu'un, nous ne parcourons pas la liste. Au lieu de cela, nous savons intuitivement si nous l’aimons. Et, bien souvent, notre décision intuitive va à l'encontre de la liste rationnelle des caractéristiques souhaitables que nous avions auparavant.

Nous pouvons voir que nous utilisons nos jugements intuitifs, plus que nous le pensons, mais comme nous n’avons pas une totale confiance en eux, nous inventons souvent des explications rationnelles pour les expliquer plus tard.

Chapitre 3 - Les perturbateurs du jugement intuitif

Les jugements rapides faits par notre inconscient sont importants dans notre prise de décision, mais il est possible que ceux-ci soient perturbés par différentes choses, pouvant nous amener à de mauvais jugements.

Les personnes atteintes de lésions ventromédian accordent autant d'importance aux détails mineurs qu'aux détails majeurs au moment de prendre une décision. Ce qui ne leur permet pas de porter des jugements rapides. Par conséquent, ils peuvent prendre des décisions, mais ils le font très lentement, parce qu'ils sont incapables d'ignorer l'information qui les distrait.

De plus, elles ont de la difficulté à transformer leurs décisions en actions. Sans l'aide de l'inconscient, ils sont des penseurs très rationnels et n'impliquent pas leurs émotions dans la prise de décision. Mais nous avons besoin d'une poussée émotionnelle pour passer des décisions aux actes.

Sans émotion, nous savons peut-être que quelque chose est mauvais pour nous, mais nous continuerons quand même à le faire. Surtout dans les situations stressantes, l'émotion nous donne le coup de pouce dont nous avons besoin pour agir sur les décisions.

Le stress pouvant lui-même perturber l’utilisation des jugements rapides. En effet, lorsque nous sommes stressés, nous avons tendance à ignorer de nombreux signaux indirects comme les expressions faciales et à entrer dans un mode de vision “tunnel”, consacrant toute notre attention à la "menace" la plus imminente, c'est-à-dire l'élément d'information le plus pertinent.

C’est pourquoi il est important de réduire le stress dans son environnement, pour ne pas être conduit à de mauvais jugements.

Chapitre 4 - L’influence des associations inconscientes

Tout comme l’inconscient influence nos actions d’une manière spécifique, nos associations inconscientes influencent constamment notre comportement.

Par exemple, nous avons, pour la plupart, appris à associer inconsciemment et automatiquement des attributs comme "blanc", "mâle" et "grand" à des qualités comme la puissance et la compétence. Même si nous ne croyons pas que les grands hommes blancs sont plus compétents que les petites femmes noires, beaucoup d'entre nous forment inconsciemment ces associations.

Et bien souvent nous pouvons constater que nous associons des caractéristiques externes générales à certaines compétences, tout comme nous pouvons prendre des décisions selon ce que nous voyons ou selon ce que nous avons appris. Mais ceci peut être une très grande erreur.

Ce fut le cas pour Warren Harding. Il est élu président des États-Unis après la fin de la Première Guerre mondiale. Son apparence distinguée et sa voix profonde et imposante ont conquis les électeurs, qui croyaient inconsciemment que ces caractéristiques feraient de lui un leader compétent. Il ressemblait à un président, mais il n’en avait pas les compétences. C’est pourquoi, aujourd’hui encore, il est considéré comme l’un des pires présidents de tous les temps.

Nos décisions étant grandement influencées par nos associations inconscientes, nous devons comprendre ce qui est la source de nos jugements intuitifs. Si c’est de la discrimination ou des préjugées. En comprenant nos associations inconscientes, nous serons plus à même de prendre des décisions adaptées.

Chapitre 5 - Éviter les mauvais jugements intuitifs

De nombreuses mauvaises décisions ou actions découlent de nos mauvais jugements. C’est pourquoi, nous devons les éviter.

Parmi eux, nous pouvons compter les préjugés raciaux. Certains tests d’association ont démontré que ces préjugés sont profondément ancrés dans les personnes. Par exemple, il a été démontré que de nombreux citoyens américains trouvent plus difficile d'associer des qualités positives au mot "noir" qu'au mot "blanc". Ce préjugé inconscient a même été découvert parmi la population noire.

Les experts associent ce phénomène au fait que l'inconscient apprend par l'observation. Par exemple, aujourd'hui, la classe dirigeante des États-Unis est presque entièrement composée de personnes blanches. Par conséquent, les citoyens américains ont développé une association inconsciente entre la peau blanche et des attributs positifs comme le pouvoir.

Les préjugés influencent notre comportement quotidien et peut prendre en compte la couleur de la peau, le sexe ou encore la taille.

Si nous ne voulons pas être victime de tels préjugés, nous devons chercher des moyens de changer ces attitudes inconscientes, et la seule façon de le faire est de rencontrer de nouvelles personnes et d'expérimenter de nouvelles choses.

Et également de se protéger des informations potentiellement erronées et non pertinentes.

Pendant de nombreuses années, l'opinion dominante dans le monde de la musique était que seuls les hommes pouvaient être des musiciens professionnels comme les violonistes ou les bassistes.

Afin de surmonter ce problème, l'industrie a commencé à utiliser des écrans pendant les auditions pour cacher le sexe des musiciens afin qu'ils puissent être jugés uniquement en fonction de leur performance.

Grâce à cela, nous pouvons compter, aujourd'hui, de nombreuses musiciennes talentueuses dans les orchestres du monde entier.

Conclusion

La force de l’intuition démontre trois idées centrales. Les pensées rapides basées sur des sentiments plutôt que sur une analyse approfondie, fonctionne souvent mieux que le raisonnement lent et prudent. Cette capacité de jugements intuitifs peut parfois être déformée ou induite en erreur. Mais celle-ci peut être améliorée.

Ces jugements intuitifs et rapides sont bien souvent supérieurs à l’analyse consciente, même s'ils peuvent parfois conduire à de mauvais choix et à des évaluations injustes des autres.

Ne limitons pas notre capacité de prendre de bonnes décisions en nous basant sur nos jugements intuitifs, mais travaillons toujours à l’améliorer.

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