Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent

Par Adèle Faber , Elaine Mazlish

Photo by Jimmy Dean on Unsplash

Que vous soyez déjà parents et que vous aimeriez avoir de meilleures interactions avec vos enfants ou que vous ne l’êtes pas encore, mais que vous aimeriez connaître les bases d’une relation parents-enfants plus harmonieuses. Le livre Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent est fait pour vous.

Il s’agit d’un guide pratique et clair qui aide les parents à améliorer la communication avec leurs enfants, tout en présentant des méthodes simples et concrètes.

Dans ce résumé, vous découvrirez comment aller vers une meilleure harmonie familiale ainsi qu’une meilleure coopération. En évitant les cris et en minimisant les colères et les malentendus de la vie familiale.

Vous verrez aussi :

  • Comment communiquer efficacement ;

  • Pourquoi vous ne devriez pas punir votre enfant ;

  • Comment amener votre enfant à être autonome.

Chapitre 1 - Reconnaissez leurs sentiments

La plupart du temps, un enfant va exprimer ses sentiments en criant, pleurant, etc. car il ne sait pas mettre de mots sur ce qu’il ressent. C’est aussi la seule manière pour lui d’essayer de se faire comprendre.

Et quand notre enfant agit ainsi, nous avons souvent tendance à le réprimander pour cela ou à utiliser des phrases comme “Il n’y a pas de raison de s’énerver !” ou “C’est rien, ce n’est pas grave…”. Mais à ce moment il va surtout avoir l’impression que nous nions ses sentiments.

C’est pourquoi, nous devons nous mettre à leur place. Et la seule façon de communiquer avec un enfant et de changer son comportement est de reconnaître ses sentiments.

En effet, la plupart du temps, les enfants n'écoutent pas leurs parents parce que leurs sentiments ne sont pas reconnus. Le comportement d'un enfant est lié à ce qu'il ressent et, souvent, lorsque nous communiquons avec lui, nous n'abordons pas ce problème.

Les auteurs parlent de 4 manières concrètes d’écouter les sentiments :

  • Écouter avec attention :

Souvent, quand nos enfants nous parlent, nous ne les écoutons pas de manière attentive. En effet, nous sommes souvent occupés à faire le dîner par exemple. Il est pourtant crucial de savoir que ce qu’ils nous racontent leur tient à cœur et à ce moment-là et qu’ils ont réellement besoin d’être écoutés.

C’est pourquoi, nous devons arrêter ce que nous sommes en train de faire, si cela est possible. Et si ce n’est pas possible, il faut le leur dire. “Attends, je ne suis pas disponible pour bien t’écouter. Laisse-moi finir ça et je serai plus à ton écoute.”

  • Recevoir le sentiment d’un mot. “Mmm…”, “Je vois.” :

Quand nous faisons face à nos sentiments, nous avons souvent besoin de nous livrer. Et à ce moment-là, nous ne cherchons pas de conseil. 

C’est pourquoi, quand nous écoutons nos enfants, contentons-nous d’écouter et à l’aide d’un seul mot, encourageons les poursuivre, sans les freiner et sans chercher à résoudre les problèmes pour lui.

  • Donner un nom au sentiment :

L’enfant ne sait pas toujours exprimer avec des mots ce qu’il ressent, c’est pourquoi le fait de donner un nom au sentiment, permet de plus facilement le reconnaître. Et ceci lui permettant par la suite de développer son vocabulaire émotionnel.

  • Concéder dans l’imaginaire :

Cette méthode marche particulièrement bien avec les jeunes enfants (de 2 à 7 ans environ), et elle consiste à laisser l’enfant accéder à ses désirs dans l’imaginaire. Et le simple fait de l’imaginer avec lui est une manière de l’écouter, de le laisser exprimer ses envies, et cela est beaucoup plus efficace qu’une réponse négative.

Malgré tout, écouter et reconnaître ses sentiments ne veut pas dire que nous sommes d’accord avec les actions qui en découlent (le fait de taper par exemple). En effet, les sentiments et les actions sont à distinguer.

Chapitre 2 - Maîtrisez votre colère

Nous avons parlé des sentiments des enfants, mais regardons maintenant les nôtres. Nos sentiments sont tout aussi importants, car qui n’a jamais été frustré ou en colère de toujours avoir la sensation de se répéter sans que personne ne vous écoute ? 

Mais vous avez certainement remarqué, que peu importe la méthode que nous utilisons, le sarcasme, la menace ou encore les ordres, l’enfant ne veut pas écouter. Fermant même, souvent tous dialogues.

Alors comment faire ? Pour cela, amenez vos enfants à coopérer, en faisant appel à quelques compétences de communication. Celles-ci permettant de créer une atmosphère de respect et de compréhension.

Ces compétences sont au nombre de cinq et sont les suivantes :

  • Décrire ce que l’on voit, ou décrire le problème. Ceci va permettre d’enlever complètement l’accusation, en donnant l’opportunité à l’enfant d’agir pour réparer ce qui a pu être fait.

  • Donner de l’information. Cette compétence va tirer avantage de la situation pour enseigner. 

  • Le dire d’un mot. Le fait de s’arrêter à un mot, permet à l’enfant de réfléchir dessus et de trouver seul ce qu’il ne va pas. 

  • Décrire ce que l’on ressent. Nous pouvons nous aussi communiquer sur nos émotions avec nos enfants, en leur disant si une situation nous déplaît par exemple.

  • Écrire un mot. Si nos enfants oublient de façon répétée de faire une chose qu’on leur a dite, c’est que cela n’a pas d’importance pour eux. C’est pourquoi, parfois, le voir écrit leur permettra d’y penser et donc de coopérer plus facilement.

Maîtriser sa colère et apprendre à notre enfant à coopérer, permet souvent à notre enfant de nous écouter plus facilement. Sans pour autant partir dans de long débat et des cris incessants.

Chapitre 3 - Remplacez la punition

Alors que vous avez lu les premiers chapitres et peut-être même essayé chez vous, vous vivez des moments avec vos enfants où le seul moyen pour vous est de les punir.

Pourtant, la punition n’est pas la solution. En effet, selon le Dr Ginott, la punition est une distraction. Et au lieu de se sentir désolé de ce qu’il a fait, l’enfant ressent surtout de l’amertume et comprend que c’est surtout vous qui ne voulez qu’il fasse telle ou telle chose.

Mais alors, comment réagir face à des situations où la seule envie est de punir ?

Pour commencer, il y a deux situations différentes avec des façons différentes de réagir. La première est la situation qui n’a pas été anticipée et la deuxième où il s’agit d’un problème récurrent.

Dans le cas de la première situation, vous pouvez procéder de la manière suivante :

  • Indiquer à l’enfant comment il peut se rendre utile. Parfois, l'enfant va faire des bêtises parce qu’il s’ennuie. Dans ces moments, il faut lui montrer tout de suite ce qu’il peut faire pour se rendre utile et ainsi être plus impliqué.

  • Exprimer fortement sa désapprobation. Le fait d’exprimer ce que l’on ressent, permet à l’enfant de comprendre plus facilement ce qu’il doit faire ou non.

  • Indiquer ce que l’on attend de l’enfant. Dans la même idée que le point précédent, nous devons dire clairement à l’enfant ce qu’on attend de lui.

  • Lui montrer comment bien faire. Un enfant a besoin d’exemple, nous ne pouvons pas attendre de lui qu’il sache comment faire les choses. C’est pourquoi, plutôt que de punir, nous devons lui montrer comment réparer son erreur par exemple.

  • Donner un choix. C’est à ce moment que l’enfant est mis devant ses responsabilités et qu’il voit quelles sont les conséquences de ses choix.

  • Passer à l’action. Après son choix, nous le mettons face aux conséquences, ainsi l’enfant sait pourquoi cela a été fait ainsi, et il ne ressent pas l’injustice.

Puis, dans le cas de la deuxième situation, quand il s’agit de cas répété, vous pouvez procéder de la manière suivante :

  • Parler des sentiments et des besoins de l’enfant ;

  • Parler de nos sentiments et de nos besoins ;

  • Chercher une solution qui pourrait convenir en mode brainstorming ;

  • Choisir les solutions qui conviennent aux deux, et voir comment les mettre en place ; 

  • Puis appliquer ce qui a été décidé.

S'éloigner de la punition est un grand pas dans la bonne direction pour aider votre enfant à réfléchir de façon indépendante à son comportement.

Chapitre 4 - Encouragez l’autonomie

Nous voulons tous voir nos enfants grandir et devenir autonomes, mais souvent les laisser faire les choses est compliqué pour nous. Comme le fait de les voir avoir du mal avec les lacets, notre volonté est de se baisser pour le faire à leur place.

Mais le problème, c’est que si nos enfants dépendent continuellement de nous, cette dépendance continuera à augmenter, accompagnée d’un sentiment d’impuissance et d’inutilité. Nos enfants ne doivent donc pas être infantilisés. Nous devons les laisser faire les choses par eux-mêmes, les laisser faire des erreurs, les laisser trouver leur propre solution.

Pour réussir cette démarche vers l’autonomie, les auteurs donnent quelques conseils que voici :

  • Offrir des choix

Cette technique est utile pour encourager l’enfant à prendre ses décisions. On peut donc lui demander de choisir entre deux tee-shirts, celui qu’il veut porter. Bien sûr ce n’est pas à lui de tout décider, mais il est important de l’encourager à cela quand c’est possible.

  • Montrer du respect pour les efforts de l’enfant

Si notre enfant a du mal à réaliser une tâche, on ne doit pas le faire à sa place, mais on peut essayer de le guider tout en reconnaissant ses efforts.

  • Ne pas poser trop de questions

En nous intéressant à ce que font nos enfants, nous pouvons être poussés à leur poser trop de questions. En fonctionnant ainsi, ils peuvent être plus en recul, n’acceptant plus de parler. C’est pourquoi, nous pouvons continuer à leur poser des questions, mais en respectant leur espace.

  • Ne pas se précipiter à donner des réponses

Il s’agit là de leur permettre d’être plus autonome dans leur réflexion. Pour cela, si nos enfants nous posent des questions, nous ne sommes pas obligés de répondre tout de suite, mais nous pouvons les amener vers cette démarche d’auto-questionnement, avant de répondre.

  • Encourager les enfants à chercher des réponses en dehors de la maison

Il s’agit de leur apprendre à demander conseil à l’extérieur, comme par exemple à leur professeurs ou encore à des vendeurs dans un magasin.

  • Ne pas briser leurs rêves

Laissons nos enfants essayer et expérimenter. Ne les décourageons pas en leur disant que leur projet ne marchera pas. Mais laissons-les le mener, et si cela échoue, il aura tout de même appris des choses et aura expérimenté seul.

Pour apprendre à son enfant à être autonome, il faut faire preuve d’un grand lâcher prise. Mais cela en vaut la peine.

Chapitre 5 - Faites des compliments

Il est important pour que son enfant grandisse bien et apprenne de ses erreurs, de lui faire des compliments, car il est clair qu’il y a un lien entre la manière dont les enfants se perçoivent eux-mêmes et les défis qu’ils seront prêts à se fixer par la suite.

Seulement, ceci n’est pas si facile. En effet, les compliments bien intentionnés peuvent parfois susciter des réactions inattendues comme l'anxiété ou le déni, ou même être perçues comme manipulatrices.

En réalité, c’est le cas si le compliment est trop “évaluatif”. Cela signifie qu’il englobe la personne dans son ensemble. Comme “Tu es vraiment très doué en dessin”.

Ainsi, pour que le message puisse avoir un impact possible sur l’estime de soi, il vaut mieux décrire ce que l’enfant a fait et ensuite, le laisser faire l’éloge selon cette description. Du coup à la place dire “Tu as utilisé beaucoup de belles couleurs pour ce dessin”.

Mais nous devons faire attention à ce que les compliments ne fassent pas allusion aux faiblesses ou aux échecs passés. Comme “C’est mieux que ton dessin précédent”.

Ainsi, pour faire des compliments :

  • Décrivez ce vous voyez ;

  • Décrivez ce vous ressentez ;

  • Résumez en un mot.

Chapitre 6 - Libérez vos enfants des étiquettes

Nos paroles ont un impact et le fait de mettre des étiquettes à nos enfants suffit à les enfermer dans un “rôle”. En continuant à insister sur un trait de caractère que l’on aimerait estomper, en réalité, nous l’encourageons.

Bien souvent, il s’agit des mauvais comportements qui sont étiquetés, comme un enfant têtu ou colérique. Les enfants vont donc finir par adapter leur comportement à leurs étiquettes et à s’y identifier.

Nous devons donc arrêter d’enfermer nos enfants dans des rôles et apprendre les techniques pour les aider à en sortir. Et pour cela, il faut le traiter comme s’il en était déjà sorti.

Pour cela, vous pouvez :

  • Chercher les opportunités pour donner à l’enfant une autre image de lui-même

Il s’agit ici de mettre en valeur les moments où le comportement de l’enfant ne correspond pas au rôle dans lequel on l’enferme régulièrement.

  • Mettre l’enfant dans une situation où il pourra se voir différemment

Il s’agit ici de faire le contraire de ce qu’on peut faire habituellement, en montrant à l’enfant qu’on a confiance en lui. Ainsi, nous pouvons lui demander s’il est maladroit, de nous passer le vase. Tout cela avec un message positif. Si l’enfant voit que vous lui faites confiance, sa confiance en lui grandira.

  • Lui permettre d’entendre les choses positives qu’on raconte sur lui

Nous avons surtout tendance à dire le négatif même quand nos enfants sont là. Alors pour cette méthode, il s’agit de faire le contraire, ceci étant utile pour qu’ils perçoivent une image différente d’eux-même.

  • Modeler l’attitude qu’on voudrait voir

Il s’agit ici de lui donner l’exemple dans diverses situations, notre attitude pouvant les guider par la suite.

  • Être une bibliothèque de ses réussites

Il s’agit de raconter les moments du passé de nos enfants. Ces moments peuvent correspondre à leurs qualités.

  • Quand il se comporte de manière semblable au rôle d’où on cherche à le sortir, lui communiquer nos attentes

Ici, il s’agit de dire ce qu’on attend de notre enfant s’il se comporte de façon similaire au rôle dont on aimerait qu’il se sorte.

Nous devons permettre un changement de pensée et de perspective, que ce soit de nous vers l’enfant mais également de l’entourage vers l’enfant et pour finir de l’enfant sur lui-même. Ainsi, nous lui permettront d’évoluer et d’avoir confiance en qui il est et en ses capacités.

Conclusion

Avant d’être parent, nous avons tout plein d'idées sur la meilleure façon d’éduquer nos enfants, nous sommes plein d’attente mais aussi plein de rêves. Mais parfois ce rôle n’est pas celui auquel on s’attendait.

Dans ce livre, les auteurs parlent des différentes méthodes que l’on peut mettre en place afin de réconcilier la relation parents-enfants. Mais aussi de pouvoir s’épanouir dans ce rôle, tout en permettant à nos enfants de s’épanouir dans leur vie.

Nous entendons souvent que la communication est à la base de tout. C’est pourquoi, en mettant en place ces méthodes vous pourrez rétablir ou améliorer la communication avec vos enfants. L’écoute, le partage et le respect facilitent également le travail en tant que parent.

Ceci ne sera pas toujours facile, car parfois il vous faudra faire preuve d’un grand lâcher prise, mais donnons à nos enfants toutes les clés pour qu’ils deviennent autonomes et qu’en grandissant ils puissent se donner les moyens d’atteindre leurs buts et d’avoir la vie qu’ils souhaitent.

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